Science et environnement

Changement climatique : L’Europe va devoir changer d’attitude

8 décembre 2011
Trouw Amsterdam

Alors que se clôt la conférence de Durban, l’Union ne peut plus continuer d’aborder la question du changement climatique en étant paternaliste envers les pays émergents. Car ayant besoin d’eux pour sortir de la crise financière, elle s’expose à ce qu’ils lui dictent leurs conditions.

Le marché de Noël annuel de l’ONU a de nouveau débuté, cette année à Durban. L’Europe ne semble pas avoir appris grand-chose du sommet de Copenhague [en décembre 2009], dont l’idéalisme européen a été la principale cause de l’échec. Les pays en développement avaient pleinement suivi le raisonnement européen. Ils ont rejeté leur propre responsabilité, demandé un dédommagement de la part des pays industrialisés en raison du changement climatique (bien entendu sans conditions sur l’affectation des sommes attribuées) et exigé des réductions draconiennes des émissions de gaz à effet de serre dans les pays industrialisés.

Les pays exportateurs de pétrole ont développé leur rôle de victime en demandant également une compensation en raison de la baisse de leurs exportations. Alors que la pollution ne faisait qu’augmenter dans les pays en développement, les grands pollueurs comme la Russie, les Etats-unis et la Chine se contentaient de hausser les épaules.

Le monde a changé : les grands pays en développement sont maintenant appelés à la rescousse pour sauver l’euro. Cette nouvelle réalité n’a pas beaucoup modifié la vision européenne du changement climatique.

Le principe de la Convention sur le climat de 1992 est que le changement climatique relève de la responsabilité collective de tous les pays, donc aussi des pays en développement. Pour la mettre en oeuvre, il faut tenir compte des circonstances spécifiques et des possibilités d’un pays. Mais on a de plus en plus perdu de vue cette responsabilité collective.

Tolèrerions-nous la pollution d'une entreprise étrangère ? 

Un tel message n’est certainement pas populaire. Car l’Europe est dépendante de son rôle de donatrice, et les pays en développement en profitent avec empressement. Surgit alors un sentiment de supériorité européen qui s’exprime dans la conviction qu’il n’est pas possible de demander des comptes aux gouvernements des pays en développement.

Ainsi, personne ne trouve à redire au fait qu’une entreprise européenne inculpée de pollution de l’environnement en Afrique, soit jugée non pas en Afrique, mais en Europe.

Tolèrerions-nous cela en cas de pollution par une entreprise étrangère à Europoort, la zone portuaire de Rotterdam ? Tant que nous ne prendrons pas au sérieux les gouvernements des pays en développement, une politique climatique internationale est vouée à l’échec.

Un terme comme “dette climatique” est peut-être plaisant, mais c’est un concept qui n’a pas de sens. Au cours de l’histoire, la majeure partie des rejets de CO2 a eu lieu dans les pays industrialisés, et tout cela est lié à la prospérité et aux conditions de vie dans ces pays. Celles-ci sont fortement enviées et, quand c’est possible, imitées par une grande partie de la population mondiale. Il nous faudra abandonner en Europe ce mélange de sentiment de supériorité et de responsabilité, ce syndrome de culpabilité et d’attitude de bon Samaritain. Une approche plus réaliste butera évidemment sur la résistance des idées reçues et des intérêts, en Europe aussi bien qu’ailleurs. Mais une approche différente offre vraiment des chances. La clé réside dans un recours à la technologie au Nord et au Sud. Pour cela, il faudra renforcer la coopération internationale. C’est dans ce domaine que l’Europe, et certainement aussi les Pays-Bas, doivent prendre l’initiative.

Traduction : Michèle Cousin

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