Vie privée : Bienveillante, envahissante UE

20 avril 2011
Der Standard Vienne

Hier les ampoules basse consommation, aujourd'hui la protection des données personnelles, demain les informations sur les passagers aériens : à trop vouloir s'occuper de la vie de ses citoyens, l'Europe finit par saper leur confiance, estime Der Standard.

L’Europe ne va pas bien. Le plan de sauvetage de l’euro a été mal compris et les désaccords de l’Europe sur cette question ainsi que sur l’intervention en Libye sont source de tensions.

Or, c’est dans ces circonstances que la Commission européenne s’emploie à contrarier même les Européens les plus convaincus. La Commission (et l'Union) européenne ruine la confiance des citoyens dans l’Union européenne en faisant passer à la va-vite des mesures particulièrement louches et dont les citoyens feront les frais.

Elle a, par exemple, chargé quelques grandes multinationales de procéder au remplacement des systèmes d’éclairages domestiques. Résultat : les citoyens se retrouvent avec des équipements chers, qui diffusent une lumière abominable, mettent plusieurs minutes à se mettre en marche et qu’il faut par-dessus tout éviter de casser en raison du mercure qu’ils contiennent.

Des mesures non débattues

A cela s’ajoutent les révélations de nouvelles études selon lesquelles les lampes compactes fluorescentes rejetteraient un "mélange de vapeurs toxiques" et contiendraient des substances cancérigènes. C’est du moins l’avis des experts interrogés par Markt, un magazine de défense des droits des consommateurs. De leur côté, les fabricants se défendent en arguant que leurs produits ne dépassent pas les "seuils" autorisés. Cette question n’a fait l’objet d’aucun débat.

La directive européenne sur la conservation des données a été mise en œuvre avec la même "discrétion". Cette directive concerne l’intégralité des communications passées via les téléphones, téléphones portables, courriers électroniques et Internet et prévoit la conservation de ces données pour une durée de six mois. La police et la justice auront accès à ces informations. Divers abus se profilent déjà à l’horizon.

Les autorités mettent en avant l’argument de la lutte contre le terrorisme. L’UE a même publié un "rapport d’évaluation" expliquant en substance que les quelques Etats ayant déjà mis en œuvre ces mesures avaient enregistré de grands succès. Par des manœuvres "d’escroquerie".

Les passagers européens listés pendant 5 ans

En 2010, la Cour constitutionnelle allemande a déclaré que la conservation non motivée de données de télécommunication était contraire à la constitution. La coalition au pouvoir (CDU-CSU-FDP) réfléchit néanmoins aux moyens de la faire quand même appliquer. Le gouvernement suédois, lui, refuse de mettre en œuvre la directive et se voit menacé d’amende par la Commission européenne. En Autriche, la loi devrait encore subir quelques modifications cosmétiques avant d’être adoptée.

Les passagers aériens sont les prochains sur la liste. La Commission européenne veut obliger les compagnies aériennes à enregistrer les informations des passagers sur les vols entrant et sortant d’Europe et à les transmettre aux organismes de sécurité des pays concernés. Ces données seront conservées pendant 5 ans et comprendront le nom et l’adresse des passagers ainsi que leur numéro de carte de crédit, le nom de leur conjoint(e) et enfant(s), leur numéro de voyageur fréquent, leur adresse électronique et leurs préférences en matière de repas (casher ou végétarien), de location de voiture ou d’hôtel.

Par leur politique du secret, la Commission européenne et les pays membres de l’UE oeuvrent à la destruction du projet européen.  

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