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Art contemporain : La Biennale, carnaval géopolitique

30 juillet 2009
Télérama Paris

53ème édition de la Biennale de Venise, l'installation du plasticien argentin Tomás Saraceno dans le cadre de l'exposition "Construire des Mondes". Photo de JEEdwards.
53ème édition de la Biennale de Venise, l'installation du plasticien argentin Tomás Saraceno dans le cadre de l'exposition "Construire des Mondes". Photo de JEEdwards.

Considérée comme le plus prestigieux rendez-vous international d'art contemporain, la Biennale de Venise intéresse peu les habitants de la Cité des Doges. Prétexte à une démonstration de richesse et d'influence pour les pays invités, elle est devenue un événement bien plus géopolitique qu'artistique, explique Télérama.

Venise et ses yachts clinquants contre La Cité des Doges et ses églises baroques. Jaloux de leur patrimoine architectural, religieux et artistique ou tout simplement indifférents à l'art contemporain, les Vénitiens semblent n'avoir que faire du déballage qui se déploie dans leur ville, tous les deux ans à l'occasion de la Biennale. C'est ce qu'observe Olivier Cena, journaliste de Télérama, spécialiste de l'art contemporain, dans un article intitulé "Que c'est kitsch Venise". Toujours plus démesurée, la Biennale qui accueille cette année plus de 30 pays auxquels s'ajoutent 35 pavillons provisoires, finit par lasser ses habitants. "Le développement de la Biennale, son éparpillement dans la ville semblent inversement proportionnels à l'intérêt que les Vénitiens, asphyxiés quasiment toute l'année par le tourisme, lui portent", écrit Oliver Cena.  Ce n'est pas là le seul paradoxe de ce grand raout, souligne le journaliste. Curieusement, "plus la planète se mondialise plus la Biennale devient une addition de nationalismes", un événement où il est surtout question sa puissance, sa richesse et son influence. "On y voit des gloires naître : la Chine, hébergée maintenant dans un hangar situé au bout de l'Arsenal (…) ne tardera sans doute pas à obtenir l'autorisation de se construire un véritable pavillon". En 2011, même le Vatican aura le sien. Il y a quatre ans, les organisateurs avaient eu "l'idée généreuse" d'inviter l'Afrique oubliant que l'Afrique n'est pas un pays mais un continent…"A sa manière, la Biennale de Venise, à travers ses pavillons nationaux, est une carte économique et géopolitique de la planète", conclut Olivier Cena.  

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