Après les élections européennes :

Troglodytes ?

VoxEurop
7 juin 2014

Les commémorations dédiées au Débarquement qui a eu lieu il y a 70 ans sont maintenant aussi … histoire. Avouons-le, elles ont été comme une bouffée d’air, pour le président François Hollande, pour la gauche, pour la France, pour nous tous, après la victoire du Front National au scrutin européen du 25 mai.

Ne plus en parler ne signifie pas que le problème est écarté. Il est bien là, il ne tient plus les Unes (d’ailleurs, il a été caché sous le tapis même ce dimanche fatidique de mai, les télévisions ayant trouvé rapidement un bouc émissaire dans la personne du président démissionnaire de l’UMP, Jean-François Copé, et sa Bygmalion), mais ses rangs ne cessent de monter en puissance et nombre. Nous le savons, Marine Le Pen cherche des alliances et se prépare mentalement pour le rendez-vous des 1-3 juillet, quand le Parlement européen aura le plaisir de présenter ses nouveaux (et plus anciens) députés.

Pour la presse roumaine, très attentive à ce qui se passe en France, et donc inquiète de ce résultat si…étonnant à son goût, les Français et leurs compères Britanniques, traités de "troglodytes" en matière de how to handle extremists, doivent suivre quelques conseils. Selon Dilema veche et son analyste, Cristian Ghinea,

afin de contrôler l’extrémisme nous devons :

  • Les diviser en plusieurs partis très petits, mettre certains dans des prisons afin qu’ils deviennent populaires mais qu’ils ne puissent plus être candidats

  • Faire circuler des messages nationalistes à travers la voix des partis mainstream de gauche

  • Fabriquer des affiches avec des blondes sur des hauts talons et slogans avec une touche porno – les cols bleus auront les mains occupés avec autre chose que voter de manière idiote

  • Faire fusionner BBC et The Sun et inviter Nigel Farage et Marine Le Pen, pour des shows…c’est plus mortel pour les extrémistes que 100 débats sérieux

  • Inviter sur les plateaux de télévision seulement les intellectuels démocrates et indépendants pro-européens

  • Pouvoir prétendre de lutter avec l’État et avec le système même après deux ans passés au pouvoir. Le but n’étant pas de les convaincre mais de les abasourdir.

Enfin, mais pas pour finir (le meilleur reste à la fin, n’est-ce pas ?), l’analyste roumain croit déceler le problème des Britanniques et des Français dans le fait qu’ils "sont habitués à livrer, de manière parfois stupide, des batailles directes". Tandis que l’idée est "non pas à ses mesurer à eux, mais de les abasourdir".

Et arriver à livrer ainsi des eurodéputés seulement pour le PPE et le PES. Droite et gauche.

Pour finir, un constat publicitaire qu’on doit aux collègues journalistes de Gândul :

In Romania things are not all right, but at least they are not far-right.