L’Europe et les réfugiés : Pour les Européens, les réfugiés font augmenter le risque terroriste, pas la criminalité en général

26 juillet 2016
VoxEurop

Une récente enquête menée parmi dix pays européens révèle qu’une majorité des citoyens craint que l’augmentation du nombre de réfugiés qui arrivent fasse augmenter le risque d’attaques terroristes dans leur pays, tout en estimant que les réfugiés n’ont pas plus d’influence que d’autres groupes sur l’augmentation de la criminalité, et ils n’ont pas une image défavorable des musulmans.

Parmi les dix pays qui ont participé à l’étude du Pew Research Center, dans huit d’entre eux, plus de la moitié des personnes qui se sont exprimées pensent que les réfugiés entrants augmenteront le risque de terrorisme dans leur pays.

Ces chiffres, qui sont issus d’une enquête menée au printemps 2016, montrent bien le lien que beaucoup d’Européens ont fait entre la crise des réfugiés et les attentats terroristes, comme ceux de Paris, Bruxelles et Nice, où 84 personnes ont été tuées le 14 juillet par un homme qui s’est lancé sur la foule avec son camion.

Ce lien de cause à effet est le plus présent dans les mentalités en Hongrie (76 %), en Pologne (71 %), aux Pays Bas et en Allemagne (61 % dans les deux pays). En France, 46 % pensent que l’afflux de réfugiés augmente le risque de terrorisme. Au Royaume-Uni, ce chiffre est de 52 %.

D’après le Pew Research Center,

la perception que les Européens se font de réfugiés est fortement influencée par l’animosité ambiante envers les musulmans qui vivent déjà en Europe. En Hongrie, en Italie, en Pologne et en Grèce, plus de six personnes sur dix déclarent avoir une mauvaise opinion des musulmans de leur pays ; cette opinion est d’ailleurs partagée par au moins une personne sur quatre pour tous les pays sondés.

Mais, d’après cette étude, “l’idée selon laquelle les musulmans vivant déjà sur le continent puissent sympathiser avec les extrémistes est beaucoup moins prégnante”.

La plupart des terroristes impliqués dans les attentats de Paris et Bruxelles étaient de nationalité française ou belge.

Le Pew Research Center souligne aussi l’existence de divergences idéologiques profondes en ce qui concerne les réfugiés : l’étude montre que

en Grèce, 81 % des personnes de droite ont une opinion défavorable des musulmans, alors que ce chiffre est de seulement 50 % chez les personnes de gauche.

Le Centre ajoute que

cette divergence gauche-droite majeure sur la question des musulmans est aussi à l’œuvre en Allemagne, en Italie, aux Pays Bas, en Suède, en Espagne, en France et au Royaume-Uni.

Si l’idéologie est l’un des facteurs déterminants dans ce positionnement, le niveau d’éducation en est un autre : l’étude montre que

les personnes âgées et les personnes les moins instruites expriment plus souvent des opinions négatives à l’encontre des réfugiés et des minorités.

La diversité suscite aussi l’animosité : plus de la moitié des Grecs et des Italiens et environ 40 % des Hongrois et des Polonais pensent que la diversité croissante ne fait qu’empirer la situation. Au contraire, la Suède comptabilise le pourcentage le plus élevé de personnes qui sont d’avis que la diversité fait de leur pays un lieu où il fait bon vivre (36 %).

L’étude a été menée dans 10 pays de l’Union Européenne ainsi que sur quelque 11 494 personnes aux Etats-Unis du 4 avril au 12 mai 2016.