Crise de la zone euro : Comment le monde des affaires se prépare à la fin de l’euro

1 décembre 2011
Presseurop
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Les dirigeants européens ont beau répéter qu’ "il n’est pas question" d’une implosion de la zone euro, "certaines banques n’en sont plus tout à fait sûres", souligne le New York Times.

Plusieurs établissements dont Merrill Lynch, Barclays Capital et Nomura, ont publié une série de rapports étudiant la possibilité d’un éclatement de la zone euro. "La crise financière de la zone euro est entrée dans une phase nettement plus dangereuse", indiquaient vendredi dernier des analystes de Nomura. Si la Banque centrale europeénne n’intervient pas là où les responsables politiques ont échoué, "un éclatement de la zone euro paraît non seulement possible mais probable", souligne la banque.

Le quotidien américain est surpris par le calme affiché par "les banques de grands pays de la zone euro ayant récemment été contaminés par la crise".

Si aux Etats-Unis, on croit clairement à une implosion de l’Europe, ici, on pense que l’Europe doit rester telle qu’elle est, résume un banquier français. Personne ne sonne la retraite.

De son côté, le Financial Times s’intéresse aux préparatifs de certaines multinationales.

Les constructeurs automobiles, les groupes énergétiques, les entreprises de bien de consommation et autres multinationales veillent à minimiser leurs risques en plaçant des liquidités dans des investissements sûrs et en contrôlant leurs dépenses non essentielles. Siemens a même créé sa propre banque afin de déposer des fonds auprès de la Banque centrale européenne.

"Certaines entreprises opérant au niveau international indiquent qu’une implosion de l’euro serait une mauvaise nouvelle mais pas une catastrophe", souligne le quotidien de Londres.

Plusieurs responsables français, italiens et espagnols disent s’être préparés à de sérieuses turbulences économiques et financières mais pas particulièrement à la fin de l’euro. Pour eux, le principal danger serait de voir la stabilité de la région soumise à de plus en plus de pression si l’on apprenait que les entreprises se préparent au pire.

Les Echos se penchent sur les répercussions d’un retour aux devises nationales.

Icap teste en effet discrètement depuis quelques mois sa plate-forme électronique EBS, la plus importante pour les échanges interbancaires sur les devises, à un retour de la monnaie grecque, la drachme.

A Varsovie, Dziennik Gazeta Prawna écrit que si les entreprises se préparent à des difficultés un peu partout dans le monde, "les polonaises gardent leur calme". D’après un porte-parole de Solaris Bus & Coach :

Si la zone euro implosait, ce ne serait pas si grave pour nous. Nous acceptons déjà les paiements en euros mais aussi en couronnes tchèques et suédoises. 

Au même moment, le vice-président d’un fabricant de boîtes en aluminium explique que "personne ne sait ce que donnerait un éclatement de la zone euro. Tout ce qu’on peut faire, c’est nous protéger contre les fluctuations monétaires".