Crise de la dette : La BCE soulage les banques

22 décembre 2011 – Presseurop Presseurop

"Mario Draghi joue au Père Noël", constate La Tribune. Le 21 décembre, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a mis à disposition une ligne de crédit de plus de 489 milliards d’euros sur trois ans pour venir en aide à 523 banques européennes. Annoncée début décembre et surnommée "Bazooka de petit calibre", cette opération inédite vise à "assurer la liquidité des banques, responsables de 75% du financement de l’économie de la zone euro", explique le quotidien économique français. Cela atténuerait l’impact de la récession attendue pour 2012.

L’action de la BCE est d’abord dirigée vers les banques. Elle n’est pas une réponse directe à la question des dettes souveraines. Ces financements sont censés garantir les économies européenne contre un "credit crunch". Ils constituent une réponse au fait que les banques ne se prêtent plus guère entre elles, en même temps qu’il permettent aux établissements financiers de poursuivre leur concours à l’économie sans prendre de risques majeurs sur leur taux de liquidité. En dépit des incitations de la BCE, il est très peu probable que les banques utilisent ces fonds pour acheter de la dette souveraine, ou à dose homéopathique, et selon le principe du chacun chez soi… Le problème du financement des Etats de la zone euro demeure donc entier. […] Que la BCE s’institue en prêteur de dernier ressort des banques est de nature à apaiser provisoirement les inquiétudes. Mais le répit ne sera que de courte durée tant que l’incertitude demeurera sur le financement de la dette des Etats.

Un avis que partage le Corriere della Sera, pour qui "l’opération de la BCE ne sera pas une panacée, ni pour les entreprises, ni pour les Trésors publics, ni pour les banques, du moins en Italie." Les banques italiennes ne disposent en effet pas de réserves de capital suffisantes pour à la fois accorder de nouveaux prêts et acheter des titres de la dette italienne.

"La BCE met à disposition un demi milliard d'euros", se rejouit de son côté Die Welt, qui souligne que “même les experts n’attendaient pas une telle demande” des banques.

Selon les banques privées allemandes, ce crédit de trois ans est un saut quantique : il améliore de manière décisive l’approvisonnement en liquidités en Europe. Cela soulage les banques dans une phase de réfinancement difficile. Avec les autres aides aux liquidités décidées début décembre par la BCE [comme la baisse des taux d’intérêt directeur à 1%], cela constitue des pas importants et dans la bonne direction pour faire face au danger de la pénurie des crédits dans la zone euro.