Portugal : L’économie souterraine en plein boum pendant la crise

31 juillet 2012
Presseurop
i

i, 31 juillet 2012

L’économie souterraine portugaise est passée de 9,3% du PIB en 1970 à 24,8% en 2010, écrit le quotidien lisboète i. Selon une étude réalisée par l’Université de Porto, le PIB a atteint 130 milliards d’euros, alors que l’économie parallèle représentait 32 milliards d’euros. Les chiffres sont inquiétants, continue le quotidien – La moyenne de l’OCDE est de 17% et seules l’Italie et la Grèce ont de plus gros pourcentages. 

L’économie souterraine prospère grâce aux seconds emplois non déclarés, aux menus travaux ou encore aux loyers payés sans reçus, explique le quotidien de Lisbonne. Le secteur tertiaire (qui comprend le bâtiment, les locations, les services, les restaurants) est le plus affecté, avec une TVA qui a grimpé de 17% à 23% lors de la dernière décennie, et la crise actuelle pourrait bien faire empirer les choses. “du fait de l’augmentation des taxes et du chômage, elle devrait encore croître”, avertit l’économiste Óscar Afonso, l’auteur de l’étude. 

Les réglements en liquide sont une importante source de revenus pour l’économie souterraine et “les mesures [d’austérité] du gouvernement les encouragent”, argumente un autre économiste, Sérgio Vasques, alors qu’une entreprise de conseil, citée par le quotidien, exhorte à payer davantage en ligne ou par carte de crédit pour réduire cela. 

L’étude de Porto avance que l’économie “au noir”, explique “la survie de populations dans des pays où le PIB par habitant est inférieur au seuil de subsistance”. Selon une étude réalisée par l’Université de Bogazici en Turquie, l’économie souterraine peut avoir un effet positif sur les lieux pauvres, mais elle rend les statistiques peu sûres. “Dire que cela relance l’économie revient à dire que le crime crée des emplois”, conclut Vasques. “Vivre de façon souterraine n’est pas un projet pour un pays”.