Grèce : Un meurtre raciste lève le voile sur le regain de xénophobie

14 août 2012
Presseurop
I Kathimerini

Le nombre d’attaques xénophobes dirigées contre des immigrants a considérablement augmenté. Les agressions ont culminé avec l’assassinat, le 12 août, d’un jeune Irakien de 19 ans, à l’extérieur d’une mosquée improvisée au centre d’Athènes. Selon la police, l’adolescent a été poignardé à mort par cinq personnes qui se déplaçaient à moto. Les agresseurs avaient auparavant tenté de s'en prendre à des immigrants roumains et marocains. Personne n’a encore été arrêté, et la fréquence de ce type d’attaques augmente, note Kathimerini :

Ne reste-t-il aucun juge à Athènes ? Aucun procureur ? La raison de cette question est la suivante : il semble qu’il y ait des gangs de criminels qui conduisent au coeur de la ville, poignardant et tuant des concitoyens. Or pour l’instant, les autorités ne semblent pas vouloir, ou pouvoir, faire quelque chose. [...]

Ce pays n'a jamais fait les choses à moitié. Du progressisme superficiel qui empêchait les autorités d'agir contre l’immigration illégale, on est maintenant passés à l’autre bout du spectre : le fascisme de l'indifférence, quand ces personnes sont assassinées. [...]

On s’en fichait quand ces personnes entraient dans le pays sans autorisation. De la même façon, on s’en fiche quand elles sont passées à tabac. Pendant ce temps, les pouvoirs publics manquent à leur devoir. [...]

Nous avons besoin d’un procureur qui accomplisse son devoir, qui fasse respecter la loi, un procureur qui enquêtera pour savoir si les officiers de police ont un lien avec [le parti néo-nazi] Aube dorée, un procureur qui renforce l’application de la loi dans les rues. Le pays ne peut pas être pris en otage par des gangs qui disent défendre leur propre conception de la légalité.

"Le meurtre a eu lieu dans un contexte répressif sans précédent à l’encontre des immigrés clandestins de la région d’Athènes”, écrit Kathimerini. L'opération anti-immigration , “dont le nom de code – choquant – est Xenios Zeus en référence au dieu antique de l’hospitalité, a déjà entraîné l'arrestation de 1 596 immigrés illégaux. En tout, 7 361 étrangers ont été détenus afin que des contrôles soient effectués”. Pendant ce temps, signale le quotidien, “près de 500 agressions à caractère raciste ont eu lieu au cours des six derniers mois en Grèce, selon l'Association des travailleurs migrants.