Kosovo : La mission de l’UE trop chère et trop peu efficace

31 octobre 2012 – Frankfurter Allgemeine Zeitung (Francfort)
Frankfurter Allgemeine Zeitung, 31 octobre 2012

L’UE éreintée sur sa mission au Kosovo”, commente Le Figaro, après la publication d’un rapport de la Cour des comptes européenne sur la gestion de la crise kosovare par l’UE. La Cour pointe notamment la “contribution modeste aux capacités de la police du Kosovo”, le “peu de progrès” dans la lutte contre le crime organisé et la corruption, et les difficultés de coordination entre la Commission européenne et Eulex, la mission civile destinée à promouvoir l’Etat de droit au Kosovo, précise le quotidien. En résumé, le bilan est celui de “l’inefficacité de l’aide européenne, la gabegie financière et le manque cruel de moyens humains”.

Pourtant, rappelle Le Figaro,

Sur le papier, l'UE ne s'est pas ménagée pour soutenir l'Etat de droit à Pristina. Par tête, les Kosovars sont les champions toutes catégories de l'aide européenne [...] Bruxelles y conduit deux grosses opérations. L'une confiée à la Commission, avec une assistance financière traditionnelle mais renforcée. L'autre dirigée par le “bras“ diplomatique de l'UE : la mission Eulex, chargée entre autres des dossiers sensibles de la police, de la justice et des douanes.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung, de son côté, considère que ce qu’elle qualifie en une de “jugement impitoyable” n’a rien de surprenant :

Tous les efforts internationaux de ‘state building’ révèlent les mêmes phénomènes. D’abord, la présence d’experts étrangers modifie de fond en comble la situation économique sur place, que ce soit au Kosovo ou en Afghanistan. On assiste à la naissance d’une couche de privilégiés et de profiteurs, du chauffeur aux hommes d’affaires, en passant par les interprètes, qui ont un fort intérêt à faire durer le plus longtemps possible le besoin d’aide dans lequel se trouve le pays. [...] Sans compter les frictions entre les organisations d’aide publiques et privées ou avec les contractuels locaux qui mènent à une perte d’efficacité, et beaucoup d’autres difficultés. Toutefois, on se réjouirait si une Cour des comptes qui pointe à juste titre ces inefficacités, donnait aussi quelques pistes pour y remédier. Car dire que de telles missions ne devraient pas être lancées ne peut pas non plus être une solution.