Données personnelles : Une plate-forme pour débusquer les lobbies

12 février 2013
Presseurop
Frankfurter Allgemeine Zeitung

C’est une petite initiative qui s’attaque à la nébuleuse des groupes d’intérêt qui gravitent autour du Parlement européen. Sous le titre “Mettez ça dans la loi”, la Frankfurter Allgemeine Zeitung présente le tout nouveau projet Lobbyplag, une plate-forme participative en ligne, qui examine dans quelle mesure la nouvelle directive sur la protection des données, actuellement négociée dans les comités parlementaires à Bruxelles, est influencée par les grandes firmes internet.

"Si vous voulez, Lobbyplag est un service gratuit pour tous les parlementaires qui aimeraient savoir d’où viennent les amendements qu’ils viennent d’introduire eux-mêmes dans la législation“, écrit, un brin sarcastique, Richard Gutjahr, co-initiateur du projet sur son blog.

Avec le désormais très connu critique de Facebook Max Schrems et quatre autres volontaires, Gutjahr travaille selon le modèle de l’initiative “Europe vs. Facebook”: ils comparent les propositions que les lobbyistes ont pu placer auprès des députés avec les amendements présentés par ces derniers.

Les concordances sont, en partie, étonnantes. Ainsi, l’association bancaire européenne a proposé qu’une entreprise devrait être autorisée non seulement à stocker les données de ses clients en fonction de ses “intérêts légitimes”, mais aussi à les transmettre à d’autres entreprises. Cette proposition se retrouve dans “l’amendement 70”, présenté au comité du marché intérieur. Lobbyplag précise qu’il a été présenté par la député suédoise Anne Hedh.

A ce sujet, note EUobserver, l’ONG Transparency International a remarqué que “plusieurs eurodéputés ont copié-collé des amendements rédigés par des géants de l’Internet américains”, dont le libraire Amazon et le site d’enchères Ebay, “directement dans le texte de la directive sur la protection des données personnelles”.