Crise en Ukraine : Déstabilisation à la russe

5 septembre 2014
VoxEurop
Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, The Economist

Le président russe Vladimir Poutine n’a “aucun intérêt à ce que l’Ukraine soit prospère”, écrit Berthold Kohler dans la Frankfurther Allgemeine Sonntagszeitung. Le journaliste explique que le but de Poutine est de créer un “Etat en faillite”, qui constituerait une zone tampon entre la Russie et les démocraties occidentales –

L’objectif de Poutine n’est pas la stabilisation de ce pays voisin, mais plutôt sa déstabilisation. Il souhaite éviter que [l’Ukraine] ne se tourne vers l’Ouest. Il est hors de question qu’un pays avec de tels ‘problèmes’ adhère à l’UE ou à l’OTAN. [...] Il est évident que le Kremlin, qui réfléchit en termes géostratégiques, cherche à bâtir une liaison terrestre avec la Crimée, qui dépend [actuellement] des approvisionnements ukrainiens. Poutine souhaite que Kiev dépende des approvisionnements russes, et non que Moscou dépende de ceux ukrainiens.

L’hebdomadaire britannique The Economist fait remarquer quant à lui que, même si la Russie a intensifié ses incursions militaires dans l’Est de l’Ukraine, Poutine se concentre désormais davantage sur les enjeux économiques

À Minsk [lors d’un sommet réunissant les présidents ukrainien et russe], M. Poutine n’a pas tenu de discours teinté de nationalisme comme lors de l’annexion de la Crimée. En revanche, il a insisté lourdement sur les sujets économiques, présageant d’une éventuelle guerre du gaz. Les températures chutant, M. Poutine pense que le temps joue en sa faveur. L’Ukraine a besoin de 5 milliards de mètres cube de gaz pour passer l’hiver.

Pour The Economist”, l’économie ukrainienne est “en lambeaux*”, du fait de la perte de la Crimée et de la crise dans l’Est du pays. Selon le FMI, le PIB devrait se contracter de 6,5% cette année, et la monnaie [la hryvnia] a perdu plus de 60% de sa valeur par rapport au dollar. Les événements dans le Donbass y sont pour beaucoup, souligne l’hebdomadaire, car la région “représente 16% du PIB et 27% de la production industrielle”.