Les Européens et le monde : Une Union plus active pour des pays moins influents et moins solidaires

14 juin 2016 – VoxEurop

Comment les Européens voient-ils le rôle de leur pays et l’Europe dans le monde ? Le Pew Research Center s’est penché sur la question.

Le résultat de l’enquête d’opinion menée au mois de mai sur plus de 10 000 personnes dans une dizaine de pays (Allemagne, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni et Suède) est consigné dans un rapport publié le 13 juin. Celui-ci indique que les Européens souhaitent se concentrer sur les questions intérieures et remettent en question les engagements envers leur alliés. Tout en critiquant la manière dont l’Union européenne a géré la crise des réfugiés, ils souhaitent tout de même que celle-ci joue un rôle plus important dans le monde.

Ainsi, la majorité des habitants de sept des dix pays dans lesquels l’enquête a été menée, Grèce, Hongrie et Italie en tête, souhaitent que leur pays “se concentre sur ses propres problèmes et que les autres pays gèrent les leurs du mieux qu’ils le peuvent”. A l’opposé, Espagnols, Allemands et Suédois estiment que leur pays doit “aider les autres à résoudre leurs problèmes”. Sans surprise, les pays du premier groupe sont également ceux qui “sont le plus susceptibles de poursuivre leurs intérêts nationaux sans tenir compte de l’opinion de leurs partenaires internationaux.”

De même, s’ils “sont très critiques quant à la manière dont l’Union européenne a géré la crise des réfugiés, l’économie et les relations avec la Russie, ils reconnaissent la place toujours plus importante occupée sur la scène internationale par l’institution basée à Bruxelles” et veulent tous, Espagnols, Français et Italiens en tête, qu’elle joue un rôle plus important”, note le rapport. Ces derniers figurent également en haut du classement de ceux qui estiment que leur pays a perdu de son influence dans le monde au cours des dix dernières années. A l’opposé, les Britanniques et les Néerlandais estiment que leur pays joue un rôle plus important et que l’UE devrait être moins active.

L’enquête se penche également sur les menaces qui, selon les Européens, pèsent le plus sur l’Europe. L’organisation Etat islamique, bien qu’en perte de vitesse au Moyen-Orient figure en tête dans tous les pays, suivie du réchauffement climatique et de l’”instabilité économique mondiale”. A noter que cette dernière est vue comme le phénomène le plus menaçant en Grèce, alors qu’en Pologne, on craint “l’arrivée d’un grand nombre de réfugiés syriens” par-dessus tout. Seule une minorité, menée par la Pologne, l’Italie et la Hongrie, estime toutefois que “la force militaire est le meilleur moyen de vaincre le terrorisme.”

Enfin, l’enquête montre une tendance au désengagement des pays européens quant à la promotion des droits humains sur le plan international: dans seuls quatre des dix pays objet de l’enquête (l’Espagne, l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas) une majorité des personnes interrogées estime que les droits humains devraient figurer en tête des priorités de la politique étrangère de leur pays.

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