Angela Merkel se représente : “Le seul dirigeant européen capable de stopper l’avancée du populisme”

28 novembre 2016
VoxEurop
Die Zeit, Die Tageszeitung, The Guardian & 3 autres

La chancelière allemande brigue un quatrième mandat à la tête du gouvernement allemand. Une nouvelle accueillie avec soulagement par une partie de la presse européenne, qui voit en elle une garantie de stabilité contre l'avancée des extrémismes, malgré son manque d'audace par ailleurs.

La version intégrale de cette revue de presse est à lire sur Alteréco Plus.

Robert Misik de la Zeit est partagé quant à la nouvelle candidature d’Angela Merkel qu’il juge en majeure partie responsable de la crise économique globale actuelle. Mais, pense-t-il, c’est précisément pour cela qu’elle a un grand défi historique à relever pendant son éventuel quatrième mandat :

Die Zeit, Hambourg

Avec l’élection de Trump, en plein milieu du chaos qui nous a saisi avec Poutine, le Brexit, la guerre […], Merkel doit remplir un nouveau rôle tout à fait inespéré : le New York Times l’avait appelée "la dernière à défendre l’occident libéral" (...) Mais c’est tout de même paradoxal que ce soit justement cette Merkel qui doive sauver le monde occidental. Car la chancelière allemande […] est une des principaux responsables de la situation actuelle, situation dans laquelle nous devons véritablement défendre la démocratie pluraliste. Car la politique d’austérité en Europe, exécutée par l’Allemagne, cette politique de l’Allemagne qui consiste à réduire les revenus des gens normaux […] est une des causes du malaise dans laquelle on se retrouve aujourd’hui […]. Merkel sait qu’on l’identifie avec cette politique. Et qu’un changement de cap devrait aller de pair avec un mea culpa : celui d’avoir commis une grosse erreur. Et, comme on le sait bien, ceci n’est pas chose facile pour les hommes politiques. Mais s’il y a bien quelqu’un qui maîtrise l’art de changer la politique lentement et successivement, de l’adapter de manière pragmatique et de faire le contraire de ce que l’on avait proclamé avant, sans faire de geste dramatique, comme si de rien n’était, c’est bien Angela Merkel.

Angela Merkel en veut encore, constate Anja Maier, mais, rappelle l’éditorialiste de la Tageszeitung, l’Allemagne a changé pendant les 11 ans de sa gouvernance et c’est avant tout l’Alternative für Deutschland qui s’opposera à sa réélection.

Die Tageszeitung, Berlin

La révolution n’a donc pas lieu. Angela Merkel veut encore candidater en tant que chancelière […]. Ce n’est pas vraiment étonnant. Toute personne l’ayant vu travailler pendant ces derniers mois pouvait bien s’en rendre compte : non seulement cette femme aime être chancelière mais elle a encore beaucoup de projets. Ce ne sont pas les idées qui lui manquent. Et pourtant ce n’est pas du tout gagné pour elle. […] Les stratèges de l’AfD sont probablement déjà en train de pondre leurs premiers slogans: "Renouvellement au lieu d’immobilisme" — quelque chose dans ce genre. […] Du coup les partis de l’establishment et leurs représentants peuvent désormais montrer ce que la politique veut dire pour eux. Ils doivent faire des propositions, dire ce qu’ils veulent changer à partir de 2017. L’emploi, les impôts, l’éducation le commerce, l’écologie et le développement – tout cela ce sont des thèmes qui finalement concernent tout le monde. Mais nombreux sont ceux qui l’ont perdu de vue.

The Guardian, Londres

ABC, Madrid

Gazeta Wyborcza, Varsovie

Corriere della Sera, Milan

Cet article est publié en partenariat avec Alternatives économiques.